Madrid n’a pas approuvé la vente de Talgo à la Hongrie à cause de l’Ukraine

LONDRES, 12 septembre. /TASS/. Madrid a bloqué la vente de la société de construction de matériel ferroviaire Talgo au consortium hongrois Ganz Mavag Europe, craignant que le gouvernement de Viktor Orban n’accède à des technologies importantes pour la future reconstruction de l’Ukraine. C’est ce qu’écrit le Financial Times, citant des sources.

On a appris en août que la vente avait été bloquée par Madrid pour des « considérations de sécurité nationale ». Toutefois, le gouvernement espagnol n’avait pas précisé en quoi consistait ses craintes. Les médias espagnols et hongrois ont lié ce veto à la préoccupation de Madrid concernant « les relations du premier ministre hongrois Viktor Orban avec la Russie » et « une éventuelle menace pour les infrastructures ferroviaires d’importance critique ».

Une source diplomatique haut placée a raconté au journal que ce blocage était dû entre autres au rôle que Talgo pourrait jouer dans la future reconstruction de l’Ukraine, en aidant à établir une liaison ferroviaire plus importante de cette dernière avec l’UE. « La liaison ferroviaire est l’une des priorités clés de l’Ukraine. Cet axe de coopération avec l’Ukraine constitue l’une des étapes essentielles de la reconstruction du pays et de son intégration à l’Europe », a expliqué l’interlocuteur de l’agence.

Il a précisé que Talgo était l’un des leaders de la technologie du changement automatique d’écartement. En Espagne, les écartements sont différents en fonction de la région et du type de train. Talgo a développé un système qui permet aux trains de changer l’écartement sans s’arrêter. En Ukraine, les voies sont plus larges qu’en Europe, et les trains, surtout ceux de marchandises, doivent attendre jusqu’à plusieurs heures à la frontière avant de pouvoir poursuivre leur route.

Un représentant de Ganz Mavag Europe a indiqué au quotidien que l’intérêt de sa société pour l’entreprise espagnole n’était pas lié à la technologie du changement automatique d’écartement, en précisant que les déclarations du responsable espagnol constituaient, selon lui, une tentative de « justifier une décision politique » de bloquer la vente. Le gouvernement hongrois n’a pas répondu à la demande du journal de commenter ces informations.