Xi Jinping cherche à se faire comprendre par l’UE

Revue de presse Russie – Service d’information TASS

Pour la première fois depuis cinq ans, le président chinois Xi Jinping s’est rendu en Europe. Le choix des pays pour sa tournée européenne vise à souligner que Pékin n’hésite pas à creuser un fossé entre Washington et ses alliés européens. Outre la France, le président Xi se rendra en Hongrie, principal « fauteur de troubles » de l’UE, et en Serbie, pays non membre de l’UE, où le sentiment pro-russe est fort, écrit Nezavissimaïa Gazeta.

« La tâche de M. Xi est assez difficile. Il ne sera pas facile d’obtenir des concessions de la part de l’UE et de la France, d’autant plus que [la présidente de la Commission européenne Ursula] von der Leyen est impliquée dans le processus. Les progrès semblent plus probables dans la sphère économique, car les deux parties sont intéressées par ce domaine », déclare Sergueï Fiodorov de l’Institut de l’Europe de l’Académie des sciences de Russie. L’expert estime que l’objectif principal des discussions entre Xi et le président français est de s’écouter mutuellement et de prendre note de leurs préoccupations. Il ne faut pas s’attendre à des solutions décisives, estime-t-il.

Pour la Chine, l’objectif numéro un est de maintenir sa coopération économique avec l’Europe. L’objectif numéro deux est plus profond: il s’agit de différencier l’Europe et les États-Unis dans son portefeuille économique. En d’autres termes, il est fondamental pour les Chinois que les Européens ne soient pas du même côté que les Américains, explique à Izvestia Ioulia Melnikova, experte du club Valdaï et directrice de programme du Conseil des affaires internationales de Russie.

La résolution de la crise ukrainienne devient ici un objectif accessoire. Évidemment, elle peut devenir une monnaie d’échange et les dirigeants européens essaieront alors d’échanger leur faveur pour obtenir des investissements chinois contre une réduction de l’aide à la Russie. « Mais je pense que c’est impossible aujourd’hui, non seulement parce que les relations sino-russes sont en plein essor, mais aussi parce que ce n’est pas un argument assez fort pour influencer la Pékin », note la spécialiste.