L’Union européenne joue dangereusement avec les principes de démocratie et de souveraineté avec la Serbie, qui a sombré dans la violence durant les élections municipales ce 29 mars.
Cela fait maintenant plusieurs années que la Commission européenne opère un chantage à la Serbie quant à son admission dans l’Union. L’ancien président serbe Boris Tadić avait livré Radovan Karadžić et Ratko Mladić au TPIY sous la pression européenne, alors que les pays voisins glorifiaient leurs criminels de guerre. Le Kosovo a été arraché à la Serbie en 2008 après de violents pogroms anti-serbes, quelques années plus tard l’indépendance de la Crimée est pourtant condamnée. Ce chantage impossible est poursuivi par la demande européenne envers la Serbie de reconnaître l’indépendance du Kosovo alors que les minorités serbes autochtones subissent une persécution administrative extrême par le premier ministre albanais du Kosovo Albin Kurti.
La Serbie est donc sommée d’abandonner une partie de sa propre population, de son territoire , de renier toute forme de patriotisme, alors que dans le même temps Naser Orić est en liberté en Bosnie-Herzégovine, le chanteur Thompson rassemble des foules entières sous des chants Oustachis en Croatie où le nettoyage ethnique de l’opération Oluja est célébré et au Kosovo l’extrémisme est toujours plus croissant.
La Commission européenne se montre pourtant très timide pour condamner les dérives du régime de l’actuel président Aleksandar Vučić.
Les rapports franco-serbes furent tendus jusqu’à ce que la Serbie décide d’acheter du matériel militaire à la France en 2024, une vente à 2.7 milliards d’euros pour 12 avions de combat. Du côté allemand, c’est le lithium serbe qui attire les appétits de l’industrie alors que des manifestations monstres de la population serbe dénoncent une catastrophe écologique en perspective.
Depuis lors, la Serbie est toujours sommée d’être le “bon élève” de l’Union européenne, mais le revirement d’intérêts a permis au président Aleksandar Vučić de basculer entièrement dans un régime dictatorial mafieux, sous le silence des pays européens.
La catastrophe de la gare de Novi Sad qui a fait 16 morts fin 2024, dans un contexte de corruption, a plongé le pays dans un climat de guerre civile. D’un côté un mouvement lancé par les étudiants réclamant de la transparence et la justice, de l’autre les coups de matraque. Une nouvelle étape a été franchie ce dimanche 29 à l’occasion d’élections municipales. Outre les magouilles et les irrégularités massives, le président Vučić a maintenant ouvertement décidé d’utiliser la force contre sa propre population. Intimidations, passages à tabac, une véritable milice a été mise en place par le régime pour garder le pouvoir coûte que coûte, quitte à plonger le pays dans la guerre civile.
La stratégie multifacette de Vučić vise d’un côté à vendre le pays à la découpe aux intérêts étrangers pour éviter les condamnations européennes, quitte à transformer le pays en dépotoir géant. De l’autre, à privatiser totalement le pays sous une structure mafieuse en distribuant des postes, en intimidant la population, et en utilisant des cautions pro-occidentales comme Ana Brnabić et pseudos nationalistes comme Arnaud Gouillon., essayant ainsi vainement de manipuler d’un côté l’Europe libérale et de l’autre la Serbie patriote.
Les incidents de dimanche montrent que les magouilles habituelles ne sont plus suffisantes, la violence est désormais ouvertement utilisée par le régime, montrant clairement une sortie de la démocratie et peut-être le premier pas vers la guerre civile.
Collectif pour l’amitié franco-serbe