L’UE doit renoncer à l’accord commercial avec les États-Unis en cas de sanctions de Trump

LONDRES, 29 août. /TASS/. L’Union européenne doit être prête à rompre son accord commercial avec les États-Unis si le président américain Donald Trump ne cesse pas de faire pression sur la communauté à propos du règlement européen sur les services numériques (DSA, Digital Services Act). C’est l’avis exprimé par Teresa Ribera, commissaire européenne à la Concurrence.

« Nous pouvons être aimables, polis, essayer de trouver des solutions aux problèmes et de résoudre les divergences, mais nous ne pouvons pas accepter tout ce qu’ils [les États-Unis] exigent. Nous ne pouvons pas nous soumettre à la volonté d’un tiers pays », a-t-elle déclaré dans un entretien accordé au journal britannique Financial Times. La vice-présidente de la Commission a ajouté que l’UE « ne peut pas sacrifier ses valeurs uniquement pour tenir compte des préoccupations d’autres pays ».

Mme Ribera a également souligné que l’UE ne suspendra pas son enquête contre les géants technologiques américains en raison des menaces de Trump. Selon elle, ces entreprises « réalisent d’énormes profits sur ce marché [européen], et elles doivent se conformer aux mêmes lois et règles que n’importe quel autre acteur, peu importe où se trouve leur siège ».

Plus tôt, Trump avait déclaré que les États-Unis étaient prêts à imposer des droits de douane supplémentaires sur les produits en provenance des pays dont les règles numériques, selon lui, discriminent les entreprises américaines. De plus, l’agence Reuters a rapporté que l’administration Trump envisageait la possibilité d’imposer des sanctions contre l’Union européenne ou des représentants de pays européens en raison du DSA.

Le règlement de l’UE sur les services numériques est entré en vigueur en août 2023. Il a considérablement renforcé le contrôle sur 19 plateformes, y compris Facebook et Instagram*, AliExpress, Amazon Store, AppStore, Booking et d’autres. Si ces entreprises ne respectent pas la loi, elles risquent une amende allant jusqu’à 6% de leur chiffre d’affaires mondial.

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*Instagram et Facebook étant la propriété de la société Meta qui est reconnue comme une organisation extrémiste en Russie depuis le 21 mars 2022, leurs activités sont interdites dans le pays.