Revue de presse Russie – Service d’information TASS
Le ministère russe de la Défense a annoncé la tenue d’un exercice avec des armes nucléaires non stratégiques avec comme objectif d’améliorer la capacité opérationnelle des forces nucléaires non stratégiques. Après la période soviétique, de tels exercices n’ont pratiquement pas eu lieu, alors qu’en URSS, ils étaient organisés chaque année, note Vedomosti.
Selon la doctrine nucléaire, la Russie ne peut utiliser les armes nucléaires qu’en cas de menace pour l’existence de l’État ou de tentative de mise hors service des forces nucléaires russes. L’annonce de l’exercice ne modifie pas la doctrine nucléaire de la Russie, explique Ilia Kramnik de l’Institut de l’économie mondiale et des relations internationales (Imemo) de l’Académie des sciences de Russie. Ce qui est nouveau, c’est la combinaison d’une déclaration politique, celle sur l’inacceptabilité des propos des représentants de l’Otan, et de la tenue de l’exercice.
Il y a maintenant un signal nucléaire clair, qu’on n’a pas vu beaucoup depuis le début de l’opération militaire spéciale russe en Ukraine, précise de son côté son collègue Dmitri Stefanovitch. Il s’agit d’un renforcement d’un fait bien connu: en cas de conflit de haute intensité avec un adversaire supérieur à la Russie, des armes nucléaires non stratégiques seront le moyen de le contrer, affirme l’analyste.
« Ces manœuvres sont dues à l’escalade provoquée par l’Occident, aux déclarations selon lesquelles les troupes de l’Otan, notamment celles des États-Unis, pourraient apparaître sur le territoire ukrainien », commente l’amiral Sergueï Avakiants, ancien commandant de la flotte du Pacifique, relayé par Izvestia. Alexeï Leonkov, analyste militaire et rédacteur en chef de la revue Arsenal Otetchestva, pense quant à lui que l’exercice sera un signal pour les pays qui croient que la Russie n’est pas en mesure d’utiliser des armes nucléaires tactiques.
Toutefois, selon le politologue hongrois Gabor Stier, membre du club Valdaï, les pays occidentaux tenteront d’éviter un conflit direct avec la Russie. Cette dernière est en train de surenchérir dans les communications, ce qui aggrave la situation, mais les participants à ce jeu ne veulent pas d’une escalade sérieuse, résume l’expert.