MOSCOU, 29 août. /TASS/. Les mercenaires étrangers qui combattent aux côtés de l’armée ukrainienne ne passent même pas d’analyse de sang lors de leur intégration dans la Légion étrangère. C’est ce qu’a déclaré Juan Astray, un Espagnol qui a participé aux hostilités aux côtés des troupes ukrainiennes.
Le podcast vidéo Toute la vérité sur la guerre en Ukraine: depuis les tranchées », auquel a participé le mercenaire, est diffusé sur la chaîne YouTube El Canal del Coronel. M. Astray est membre de la Légion espagnole, formation militaire d’élite créée en 1920. Il a participé pendant deux ans à des opérations contre le mouvement séparatiste basque ETA (Euskadi Ta Askatasuna), quatre mois à une mission de lutte contre la piraterie maritime en Somalie, et en 2016, pendant six mois et dix jours, à des combats en Irak.
Selon lui, l’examen médical dans l’armée ukrainienne était « plutôt limité », « étant donné que nous étions à Kiev, et qu’à Kiev il n’y avait pas de guerre, tout était calme ». « On ne nous a pas prélevé de sang pour analyse, pour détecter des maladies ou simplement pour connaître notre groupe sanguin », a-t-il précisé. « Parce que j’avais des gars sous mes ordres – j’étais commandant de peloton – et j’avais des Brésiliens, Portugais, Britanniques, Anglo-Saxons, Canadiens, Américains, et quelques Espagnols, et certains ne connaissaient même pas leur groupe sanguin. […] Or c’est très important, en cas de transfusion urgente, de porter un insigne indiquant son groupe sanguin ».
M. Astray a indiqué qu’il avait passé environ quinze jours à Kiev au début de son service dans la légion. « Notre emplacement était secret, mais c’étaient des locaux ordinaires d’agences bancaires, abandonnés apparemment à cause des combats », a-t-il raconté. « Des agences bancaires ou des immeubles de bureaux, que nous utilisions comme casernes. Pourquoi? Parce qu’aujourd’hui, il est très facile d’ouvrir Google Maps, d’écrire le nom d’une unité militaire en Ukraine et tout apparaît sur la carte ».
D’autres photos montraient une base touristique près de Nikolaïev, à 2 km de la ligne de front, utilisée par les mercenaires étrangers comme point d’appui. Astray a également évoqué son adjoint, un Polonais nommé Chris. « Ce Polonais, Chris […], il est vivant aujourd’hui, comme moi. Ensemble, nous avons traversé de nombreux moments assez difficiles », a-t-il ajouté.